La production de fraises réinventée

La culture de fraise est l’une des productions fruitières les plus importantes au monde, et le Québec, troisième plus grand producteur en Amérique du Nord, dernière la Californie et la Floride, assure 50 % de la production canadienne totale. Les méthodes de culture de petits fruits partout dans la province ont su évoluer à un rythme impressionnant depuis une vingtaine d’années. Sachant que nous profitons aujourd’hui d’une récolte en continu dès le mois de juin jusqu’en octobre, il en était tout autrement avant que plusieurs projets de recherche visant à prolonger la saison de cueillette de fraises soit mis sur pied. En effet, avant les années 1990, la disponibilité des fruits rouges produits dans la province était restreinte à trois ou quatre semaines par région, ce qui permettait aux consommateurs québécois d’en profiter pendant un maximum de 6 semaines consécutives.

La volonté ferme d’innover

Les fraises provenant de producteurs locaux qui sont offertes dans les grandes chaînes d’alimentation sont juteuses tout au long de la belle saison grâce à une quinzaine de variétés qui assurent une production continue. Le projet de recherche portant sur des cultivars de fraisiers à jours neutres – se définissant comme des plants initiant des fleurs et produisant des fruits tout au long de la saison indépendamment de la photopériode – a été l’initiative d’une équipe de chercheurs en horticulture à l’Université Laval, comprenant Yves Desjardins, Roger Bédard et André Gosselin. Fondateur du centre de recherches en horticulture (CRH) de l’Université Laval, M. Gosselin est motivé par l’innovation, le développement et la pérennité de nos richesses locales.
Vers la fin des années 1970, à travers un parcours professionnel pour le moins impressionnant, M. Gosselin, en collaboration avec d’autres membres de la famille, fonde l’entreprise Les Fraises de l’Île d’Orléans inc. PME d’une cinquantaine d’employés, c’est entre autres à celle-ci qu’on doit le bonheur de savourer les fraises du Québec jusqu’aux premiers gels de l’automne.
Dans l’objectif d’augmenter les parts de marchés des petits fruits québécois dans l’industrie agroalimentaire locale, Les Fraises de l’Île d’Orléans inc. ont participé à la mise au point de techniques de culture hors-sol de fraisiers à jours neutres sous tunnel.
Les différents tests en serres-tunnels ont présenté des résultats significatifs pour l’industrie. Comparativement à la culture traditionnelle de fraises en champs, les rendements en fruits issus de cette méthode augmentent significativement. Pour certains cultivars poussant sous ses installations protégées, on parle d’une augmentation du double au triple de la productivité par plant. De quoi vouloir approfondir le sujet.
Sous les nombreux tunnels de l’entreprise Les Fraises de l’Île d’Orléans inc., environ 150 000 plants de fraisiers reposent dans des bacs de terreau de haute qualité et sont alimentés par un système de goutte à goutte qui assure un apport précis en eau et en minéraux. Les serres-tunnels permettent un gain thermique en retenant l’énergie solaire, mais aussi d’obtenir un meilleur contrôle des éléments climatiques pour finalement offrir des fruits haut de gamme.

Une alliance qui porte fruit

L’environnement de croissance standard de la fraise étant complètement bousculé, il a fallu que l’entreprise basée à l’Île d’Orléans calibre tous les éléments qui ont un impact sur le développement de la plante. Le choix du mélange horticole jouait donc un rôle important dans la prospérité du projet de culture hors-sol. C’est à travers différents projets de recherche et développement que M. André Gosselin et son équipe ont découvert Berger, leader mondial en production de mélanges horticoles de qualité supérieure et reconnue pour l’uniformité et la fiabilité de ses produits. Appuyé par l’équipe d’experts de Berger, Les Fraises de l’Île d’Orléans ont su trouver le substrat de culture parfaitement adapté à leur système de production de fraises tout à fait innovateur, permettant aussi d’optimiser le rendement de chacun de leur plant. En effet, en 2016, toute la production de fraises sous tunnel croît dans un substrat sur mesure signé Berger.
Le futur pour les producteurs de fraises est prometteur, et pour l’entreprise qui prévoit une croissance importante dans les années à venir, sa collaboration avec Berger n’en est qu’à ses débuts.
La culture hors-sol présente son lot de défis techniques, mais lorsque tous les paramètres sont bien maîtrisés, ce système de production permet d’obtenir une qualité de fruit exceptionnelle et une densité de production élevée. Les Fraises de l’Île d’Orléans ont su innover dans une industrie jusqu’alors plutôt conservatrice. L’implication de son fondateur dans les projets de recherches et d’innovation a permis à l’entreprise de développer des relations d’affaires solides et de se tailler une place de choix dans le secteur de l’agroalimentaire québécois.

Veuillez remplir ce formulaire pour obtenir l'article en format pdf

  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.