Comment réduire ses coûts de production

par Pierre-Marc de Champlain, Ing. Jr./Jr. Eng

Les marges de profit ne sont plus ce qu’elles étaient. Si les coûts de l’énergie, des produits chimiques et de la main-d’œuvre ne cessent d’augmenter, on ne peut dire que le prix de détail des récoltes suit la même tendance. Les producteurs doivent aujourd’hui soumettre leur consommation à un régime minceur sans pour autant compromettre la qualité de leurs récoltes. Certains changements, comme l’installation d’un nouveau système d’éclairage LED, la mécanisation de la ligne d’empotage ou l’amélioration du système de chauffage, nécessitent des investissements importants que de nombreux producteurs ne peuvent tout simplement pas se permettre. Bien qu’on ne puisse nier que de telles améliorations seraient profitables, il existe des moyens plus abordables de réduire ses coûts et d’améliorer rapidement ses marges de profit.

Conseils généraux

Il se peut que, dans certains cas, vous puissiez vouloir sacrifier un peu de qualité en payant un peu moins. Il n’est cependant pas recommandé d’appliquer cette logique lorsque vient le temps de choisir ses matières premières et ses produits chimiques. Il faut toujours s’assurer que les graines, les semis, les boutures, les produits chimiques et les milieux de culture sont d’excellente qualité et proviennent de sources fiables. En utilisant des produits de qualité, vous pourriez retrancher quelques journées, voire quelques semaines, à votre cycle de production, ce qui pourrait ainsi conduire à d’importantes économies. Utiliser des matériaux de qualité inférieure peut avoir des effets nocifs sur le cycle de croissance ou entraîner des pertes significatives. Trouver des solutions ou des correctifs aux problèmes est beaucoup plus difficile quand vos matières premières sont de piètre qualité. Il faut également tenir compte du fait qu’un bon fournisseur offre toujours un excellent service après-vente et possède l’expertise nécessaire pour aider les producteurs en cas de problème.

Réduisez vos coûts énergétiques

Comme c’est le cas pour votre maison, vous voulez que votre serre soit la plus écoénergétique possible et cherchez à limiter les pertes d’énergie inutiles. Pour y arriver, il faut commencer par se doter d’un bon programme d’entretien préventif de son matériel et de ses équipements, du système de chauffage en particulier. Même si cela peut sembler dispendieux, une évaluation thermique de votre serre vous aidera à cibler les points faibles de sa structure. Le diagnostic ainsi obtenu peut vous guider vers de petites améliorations, peu coûteuses, qui pourraient vous aider à faire des économies fort substantielles. D’autres améliorations plus onéreuses et aux avantages à plus long terme peuvent également être envisagées pour l’avenir. Ainsi pourriez-vous identifier les lacunes de votre système de circulation d’air. Une fois ces lacunes corrigées, vous réduiriez vos coûts énergétiques encore davantage.

Dosez vos fertilisants

Pour la majorité des plantes, l’absorption des éléments nutritifs se fait par l’intermédiaire des poils absorbants. Il est donc important de stimuler leur développement en leur fournissant un substrat poreux, lequel préviendra l’accumulation des sels pouvant être causée par une fertilisation excessive. Non seulement une fertilisation excessive produit-elle un ruissellement dommageable pour l’environnement, mais elle constitue également un gaspillage d’engrais inutile, qui peut être facilement évité. Un milieu de culture est capable de retenir beaucoup d’eau et de nutriments, mais cette rétention a tout de même ses limites. Tous les nutriments excédentaires sont tout simplement drainés ou lessivés dès le moment où l’on a besoin d’irriguer le substrat avec de l’eau pure pour en réduire le niveau de salinité (conductivité électrique, C.E.). Il est beaucoup plus avantageux d’ajouter fréquemment des fertilisants en petites doses que de fertiliser vos plantes moins souvent, mais en plus grandes doses. C’est particulièrement vrai lorsque le système racinaire en est encore à son stade de développement et que, de toute façon, il n’occupe pas encore pleinement l’espace de son milieu de culture. Pour avoir une idée précise de la quantité d’engrais que vous pourriez économiser, rien n’est plus facile que de récupérer votre eau de ruissellement et d’en mesurer le taux de salinité.

Une bonne lutte intégrée peut également aider à réduire l’ensemble des coûts de votre lutte contre les ravageurs. Que ce soit par l’entremise d’une bonne gestion préventive des mauvaises herbes, l’adoption de bonnes pratiques sanitaires, de procédures de nettoyage et de désinfection efficaces ou l’utilisation d’outils servant au dépistage ou à la prise de décision, l’implantation d’un bon programme de lutte intégrée permet d’éliminer presque entièrement le recours à des moyens de contrôle chimique qui peuvent s’avérer coûteux.

Contrôle de la hauteur

Le prix des régulateurs de croissance des plantes (RCP) a augmenté considérablement ces dernières années. En restreindre l’utilisation peut être une avenue très intéressante si l’on veut améliorer sa marge de profit. D’abord et avant tout, il est fondamental que les producteurs sachent précisément comment fonctionnent les RCP qu’ils emploient. Une fois qu’ils ont cette expertise, ils sont en mesure de reconnaître quand et comment ils doivent appliquer les produits chimiques appropriés. Rien n’est pire pour le portefeuille que de faire un mauvais usage des RCP. Le résultat? Vous perdrez deux fois plus d’argent que vous auriez dû économiser.

Donner plus de lumière aux plantes en augmentant l’espace entre chacune est la meilleure façon d’éviter les risques d’allongement. Lorsqu’elles reçoivent plus de lumière, les plantes sont moins sujettes à un allongement excessif de leur tige. D’autre part, s’assurer que le revêtement de la serre est bien propre ou le remplacer au besoin vous permettra de profiter au maximum de la lumière naturelle du soleil.

Économisez grâce au contrôle de température

De nombreux producteurs utilisent la technique de régulation de température DIF pour contrôler la hauteur de leurs plantes, l’allongement de la tige étant en partie lié à la différence entre les températures diurnes et nocturnes. En effet, des températures diurnes plus chaudes que les températures nocturnes peuvent entraîner l’allongement de la tige. Cela dit, si le producteur parvient à régler les températures nocturnes pour qu’elles soient supérieures aux températures diurnes, il est alors en mesure de contrôler la hauteur de ses plantes en inhibant leur croissance.

On peut obtenir des résultats comparables avec la technique « Cool Morning Pulse », dont la mise en œuvre peut être plus facile et plus économique. Cette méthode consiste à rafraîchir la serre en réglant sa température matinale pour qu’elle soit 5 à 10 degrés plus frais que la température nocturne durant les deux à trois premières heures du matin. Les plants doivent percevoir la température fraîche avant de recevoir la première lumière du matin. D’autre part, il ne faut pas oublier que l’efficacité de ces techniques est supérieure lors des périodes de croissance les plus actives. Par conséquent, il n’est pas nécessaire de les employer tout au long du processus de production. Assurez-vous cependant que ces méthodes conviennent aux cultures spécifiques que vous produisez avant de faire quelque changement que ce soit.

Un bon dosage des fertilisants peut aussi représenter une option intéressante pour contrôler la hauteur des plantes. Le dosage le plus populaire consiste à réduire la teneur en phosphore de son programme de fertilisation, ce qui limite les risques d’allongement et permet d’obtenir des plantes qui paraissent plus vertes. Il faut toutefois agir avec prudence afin d’éviter toute carence ou tout effet indésirable qui peut survenir avec certaines variétés.

Limitez votre arrosage

La gestion de l’eau est un autre moyen pouvant servir au contrôle de la hauteur des plantes, mais il faut agir avec prudence. Vous pouvez réduire l’allongement de la tige de la plupart des cultures en permettant aux substrats de culture de se dessécher suffisamment entre les arrosages. Il faut toutefois faire attention que le substrat ne s’assèche pas complètement. Les plants pourraient alors subir des dommages difficiles à corriger. Le substrat de culture à haute porosité, comme le BM6 HP de Berger, se révèle un excellent choix quand vous recourez aux méthodes de limitation des arrosages et des fertilisants puisqu’il permet un cycle d’assèchement rapide et vous aide à mieux orienter vos productions vers les résultats souhaités.

S’il utilise ces méthodes, le producteur doit avoir le plein contrôle de sa production et assurer un suivi constant de ses plants pour être en mesure de prendre les bonnes décisions au moment opportun. Compter sur un calendrier précis est un excellent moyen de réduire son utilisation de RCP, ce qui, par conséquent, peut vous éviter plusieurs dépenses inutiles. Tout est une question de timing. S’il vous est difficile de gérer le calendrier de propagation en raison du manque d’espace disponible ou parce que vous êtes débordé, vous pouvez envisager d’acheter des boutures ou des plants déjà prêts. Si vous voulez améliorer et optimiser votre programme en vue des prochaines productions, il est recommandé de tenir des registres détaillés de vos expériences passées.

 

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